Le jour où mon bébé naît, je commence à chanter pour lui.

Je chante d’abord pour l’endormir, pour le réconforter. Rapidement, ma voix suffit pour l’apaiser dans les situations où je ne peux le prendre immédiatement (comme dans la voiture.) Pour chacun de mes enfants et des petits que je garde, je choisis une berceuse différente. Cette chanson devient significative pour lui, celle au rythme de laquelle il aura été bercé et endormit des centaines de fois.

Puis, je chante pour susciter des rires et des sourires. D’abord des comptines et jeux de doigts simples. Je fais courir le furet sur son ventre, mes mains miment le coucou du hibou et la chanson devient un terrain de jeu. Il grandit, se développe et il en vient à appréhender ce qui s’en vient et à rire avant même qu’on arrive au “sploush” du bateau sur l’eau.

Le chant est un outil superbe. Toujours disponible, souvent efficace et ne nécessitant rien d’autre que ma voix et un peu d’imagination. Au fil des années, je m’en sers pour toutes sortes de raisons. Tous les problèmes semblent trouver une solution en leur donnant un rythme.

Je chante pour motiver un tout-petit à s’habiller, à brosser ses dents, à ranger les jouets. Les premières paroles deviennent un indice du moment de la journée et du comportement attendu. La transition se fait plus facilement quand elle s’accompagne chaque fois du même accompagnement musical.

Je chante pour accompagner un bambin qui apprend à attendre son tour. Et le plus beau, c’est que l’enfant peut se l’approprier et un jour on entend notre 2 ans chanter “tic tac tic tac j’attends mon tour” par lui-même. Le fait de chanter l’aide à se sentir actif dans son désir d’être le prochain et minimise les comportements indésirables.

Je chante pour aider un enfant à acquérir du vocabulaire, améliorer son langage. Il m’est arrivé de créer une chanson sur mesure pour travailler un objectif en particulier. La mélodie facilite la mémorisation, donne envie de répéter encore et encore.

Je chante pour jouer simplement. Pour faire monter l’anticipation alors que mes paroles habillent le loup qui se prépare à pourchasser mes enfants. Pour laisser l’enfant essayer de trouver la façon de déjouer l’éléphant qui se balance avant le boum de la finale. Ces airs souvent répétés deviennent les souvenirs de bons moments, la trame sonore de leur enfance.

Finalement, si on souhaite avoir un regard pédagogique sur le chanter en petite enfance, on peut noter que chanter contribue au développement des différentes sphères chez l’enfant. Surtout, c’est une façon simple de mettre un peu plus de bonheur et de jeu dans le quotidien.

 

Zoé Leblanc